samedi 23 octobre 2010

Le cloud, source de revenus pour les PME du secteur Internet

Comment le cloud peut-il être un catalyseur d'activité pour les PME Internet ?

La révolution du cloud computing est aujourd'hui vendue, comme :
  • une solution technique à destination des grosses entreprises souhaitant réduire leurs coûts d'infrastructure (IaaS, cloud privé)
  • une forme d'hébergement plus souple que la location de matériel (IaaS, cloud public)
  • des plate formes facilitant la production de logiciels orientés cloud (PaaS)
  • l'utilisation de logiciels en ligne facturés par abonnement ou à l'usage (SaaS)
On comprend clairement l'opportunité de diminuer les coûts à travers de tels mécanismes :
  • pas d'infrastructure à gérer
  • pas de logiciel à installer, maintenir
  • rapidité de mise à disposition des ressources
  • agilité dans les déploiements

Les PME Internet sont des entreprises de petite taille, qui ont développé des savoir faire dans le développement d'applications en ligne web et mobiles, l'ergonomie, le design, l'hébergement, tout ce qui permet à une application d'être utilisée à travers Internet via tout une palette de terminaux divers et variés.

Il y a plusieurs façons de générer des revenus avec ces compétences. On peut :
  • vendre des journées de prestations pour construire, développer, habiller des applications sur mesure ou personnaliser des produits existants
  • éditer un logiciel packagé et en vendre l'usage de manière plus ou moins identiques aux logiciels traditionnels (vente de licence, d'abonnement)
  • proposer des prestations d'infogérance, c'est à dire gérer l'intégralité de la plate forme technique (matériel et logiciel) pour ses clients
  • proposer diverses prestations de services autour d'applications Internet : référencement, affiliation, modération, gestion éditoriale, ...
Certaines entreprises lient leurs revenus aux résultats obtenus par leur client (trafic, clics, chiffre d'affaire).

Même si, avec l'arrivée du Cloud Computing, les technologies changent, il n'y a véritablement pas de bouleversement majeur dans la manière de produire des applications pour les clients. Le modèle économique reste, peu ou prou, le même que celui du logiciel traditionnel (local) hormis pour la dernière catégorie qui n'existe pas sans accès du grand public aux sites commerciaux. On remarque quand même la place de plus en plus importante donnée au modèle de l'abonnement.
Du point de vue du client la montée en puissance du modèle SaaS apporte déjà bien des avantages et les économies engendrées sont très conséquentes.

Pour les producteurs, un cloud sans innovation en terme d'usage revient à peine à améliorer l'antédiluvien service bureau dont voici quelques définitions pour les plus jeunes d'entre nous http://www.yourdictionary.com/computer/service-bureau,  http://en.wikipedia.org/wiki/Service_bureau

Comment les PME du secteur internet peuvent-elles innover en tirant parti des nouveautés du cloud ?

Sur Internet, le contenu ou service, produit de la valeur par le trafic qu'il génère. Ce contenu est accessible moyennant paiement ou est lié à de la publicité.

Tout le monde peut publier du contenu et cette production peut se faire sans investissement majeur, une connexion Internet, un netbook ou un smartphone suffisent.

Toutes les web-agencies, SSII, auto-entrepreneurs technophiles et autres étudiants en informatique peuvent produire et publier des fonctionnalités aussi facilement que l'on publie du contenu aujourd'hui. On peut donc créer une vaste bibliothèque permettant de construire très rapidement des applications à peu de frais par assemblage.

Techniquement, ces fonctionnalités se présentent sous forme de web-services ou de widgets. Elles sont déployées sur une plate forme cloud qui ajuste automatiquement l'infrastructure sous jacente en fonction de la charge à traiter.

Ces fonctionnalités sont facturées à l'usage et l'auteur (ou le propriétaire) du logiciel correspondant est rémunéré proportionnellement. Les revenus sont, comme dans le cadre du contenu, liés au volume de trafic.

L'innovation d'usage est relative au mode de construction des applications. Le développement technique cède la place à l'agrégation simple de diverses fonctionnalités existantes en mode mashup.

En quoi cette approche est-elle de nature à intéresser les PME ?

1) Tout d'abord, des fonctionnalités individuelles sont plus faciles à produire que des applications complètes, leur périmètre est plus restreint, l'effort nécessaire n'est pas nécessairement énorme, il est donc à portée d'entreprises de petites tailles sans moyen particulièrement important. Les actions de production et de consommation doivent être simples.

2) Les revenus peuvent être significatifs de par la réutilisation facile d'une même fonctionnalité dans un grand nombre de contextes différents (fonctionnalité générique vs application spécifique)

3) Le marché potentiel est très très vaste, un client peut être situé n'importe où sur la planète

4) L'effort commercial est assuré en grande partie par les plate formes de distribution et mutualisé à travers tous les producteurs de fonctionnalité

5) Le développement de fonctionnalités assurent des revenus récurrents basés sur la qualité et l'innovation plutôt que sur les capacités marketing

Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour faire émerger un nouveau modèle économique favorable au PME, favorisant la mutualisation des efforts de développement et ... l'exportation.

Cette démarche est la suite logique du phénomène Cloud 1.0 à vocation technique qui a rendu abstraites les questions d'infrastructure.
Parions que le Cloud 2.0 fonctionnel permettra d'utiliser et de mixer des fonctionnalités distantes aussi facilement que l'on peut aujourd'hui consulter la météo au kazaksthan, la recette du goulash polonais ou la composition chimique de votre lessive favorite (comment faisait on, il y a vingt-cinq ans pour retrouver ces informations ?).

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